Chien - femelle - 3 ans - 8,1 kg
Je suis tentée de remettre sous antibiotiques par voie générale pour gérer les surinfections mais j'hésite à cause du digestif et du risque de perturber à nouveau la flore.
Un antibiotique en particulier serait-il plus adapté ? Cephalosporine ? Metronidazole ?
Faut-il tenter une ration ménagère avec régime d'éviction ?
DERMATOLOGIE | ALIMENTATION | MÉDECINE INTERNE
Expert : Otologie, Dermatologie
Diplôme : European College of Veterinary Dermatology (ECVD)
Bonjour,
Je pense que l’hypothèse de dermatite atopique est très probable avec une composante alimentaire.
Concernant les aliments tentés, il faut davantage de précisions (type de protéines hydrolysées ? Degré dhydrolysat ? Durée des régimes ? Distribution stricte ou avec des “à cotés ” etc…).
La présence de lésions érythémateuses er lichenifiees en région vulvaire et axillaire, antécédents d’otite et prurit généralisé est typique d’une dermatite atopique.
Pour les surinfections, je recommande plutôt la mise en place de soins antiseptiques (association shampoings et sprays) et rehydratants très réguliers plusieurs fois par semaine jusqu’à guérison, pour éviter autant que possible le recours aux antibiotiques et il faut gérer la côte inflammatoire et prurigineux avec un traitement adapté (corticoïdes ou inhibiteurs de JAK) pour stabiliser la chienne avant d’initier si nécessaire un nouveau régime d’éviction bien mené (protéines hautement hydrolysées, 2-3 mois stricts etc… voire ration ménagère évitant toute source protéique déjà rencontrée mais attention aux réactions croisées potentielles).
Bien sûr, tout cela doit se faire sur fond de traitement antiparasitaire bien mené (ici, les précisions sont insuffisante pour s’en faire une idée : molécule ? Fréquence ?…) à vérifier (privilégier la voie orale mensuelle car des soins topiques réguliers vont limiter l’efficacité des pipettes).
En espérant t’avoir aidée pour maintenir une démarche correcte. Sinon, ne pas hésiter a référer à un spécialiste en dermatologie pour faire un point complet en consultation.
Bien confraternellement
DV Thomas Brément
Bonjour,
Voici le retour de la propriétaire :
Themys a eu de l’Apoquel pendant 2 mois sans aucun résultat, puis a reçu 3 injections de Cytopoint avec peu d’amélioration. Le grattage persistait. Après la dernière injection, aucune différence n’a été observée. Quinze jours plus tard, Themys a commencé à présenter des épisodes de selles liquides chroniques. J’ai l’impression que cette injection a pu diminuer ses défenses immunitaires, ce qui lui a fait attraper une bactérie.
Themys a fait une allergie à des croquettes Lupovet au poulet ; auparavant, elle ne présentait aucun problème de grattage. Sur conseil du vétérinaire précédent, je lui donne du Hill’s hypoallergénique, mais elle mange très peu. Une autre vétérinaire a proposé une ration ménagère à base de poisson blanc (colin). L’appétit est bon, mais le prurit persiste. Je n’ai jamais donné de friandises pendant les périodes d’éviction. Les essais ont duré 6 semaines.
Un vétérinaire spécialisé en dermatologie a conseillé d’arrêter les rations ménagères et de passer au Sanalio + colin. Pendant un an, malgré un régime strict, nous avons essayé différents soins locaux : bains hebdomadaires avec Douxo (rose, orange, vert), lessive adaptée aux peaux sensibles, sprays apaisants… sans résultat. Puis Apoquel et Cytopoint ont été testés, avec peu d’effet, mais avec apparition de diarrhée chronique.
La propriétaire insiste sur le fait que le Metrobactin a été “miraculeux” :
– disparition rapide du prurit,
– repousse du poil,
– normalisation des selles.
Autres éléments : intolérance sévère à la salazopyrine (vomissements importants) et prurit accentué au moment de la défécation.
Je serais donc tentée de remettre en place une antibiothérapie générale.
Expert : Otologie, Dermatologie
Diplôme : European College of Veterinary Dermatology (ECVD)
Le problème semble effectivement reposer sur une dysbiose intestinale, possiblement secondaire à un état inflammatoire chronique.
Le métronidazole possède des effets anti-inflammatoires et immunomodulateurs, ce qui peut expliquer son efficacité à la fois sur les signes digestifs et cutanés.
En accord avec mon confrère interniste, j’opterais plutôt pour une approche anti-inflammatoire :
En parallèle, il serait pertinent de moduler l’inflammation digestive (psyllium, par exemple).
Nous ne sommes pas à l’abri de trouver une alimentation qui lui convienne, éventuellement enrichie en probiotiques.
Je réserverais l’antibiothérapie en dernière intention.
Concernant la peau, je recommanderais de réaliser une nouvelle cytologie afin d’adapter les soins locaux si nécessaire.
Bon courage dans la gestion de ce cas complexe.
Quelques nouvelles :
J’ai finalement cédé à la demande insistante de la propriétaire concernant les antibiotiques… Le métronidazole n’a eu aucun effet.
Nous avons donc arrêté au bout d’une semaine et instauré du Synulox pendant 3 semaines, associé à une corticothérapie dégressive.
-> Amélioration cutanée nette et rapide ; cytologie de contrôle satisfaisante.
-> À l’arrêt des antibiotiques et à la diminution de la cortisone : rechute du prurit.
Sur le plan digestif : bonne stabilité, sans diarrhée, sous ration ménagère classique (équilibrée mais sans éviction).
Nous avons réaugmenté la cortisone : Envisageriez-vous la ciclosporine sur le long terme ? Ou éventuellement Numelvi / Zenrelia ? L’Apoquel n’avait pas donné de résultats probants précédemment (contexte incertain).
Merci pour votre retour.
Expert : Médecine interne
Diplôme : Résident ECVIM-CA (European College of Internal Medicine)
Bonjour,
Concernant la diarrhée chronique, l’ensemble du tableau est en faveur d’une entéro-colopathie inflammatoire chronique.
La prise en charge peut reposer sur :
La modulation du microbiote ne semble pas particulièrement efficace dans ce cas précis.
Même après plusieurs échecs, une alimentation adaptée peut encore être identifiée. Les essais doivent être stricts, sans aucun écart, et sans contact avec d’autres sources alimentaires (conserver l’aliment dans son emballage d’origine).
La ration ménagère est une excellente option chez ce chien difficile.
Un essai de psyllium (ex : 1 cuillère pour 10 kg/jour) peut être intéressant en cas d’atteinte colique.
En cas d’échec :
→ corticothérapie (2 mg/kg/j puis décroissance).
Malgré une coproscopie négative, je recommande un traitement au fenbendazole.
Les antibiotiques ne sont pas recommandés dans ce contexte :
Bonne idée pour le Vivomixx.
Dans ce contexte, si la propriétaire souhaite rester sur une ration ménagère :
→ une option gibier / autruche serait-elle pertinente en régime d’éviction ?
→ avec pomme de terre ou tapioca ?
ALIMENTATION
Expert : Alimentation
Diplôme : European College of Veterinary and Comparative Nutrition (ECVCN)
Bonjour,
En première intention, je privilégierais un aliment vétérinaire à base de protéines hydrolysées, dans le cadre d’un test d’éviction strict.
En présence de signes digestifs, une formule pauvre en matières grasses peut être intéressante.
Concernant la ration ménagère :
Pour la supplémentation, il faut privilégier des produits sans levure (ex : Vet Integra).
Attention aux compléments et médicaments aromatisés.
Bien à vous.
Historique des traitements antiprurigineux :
- Apoquel durant 10 jours → inefficace
- Cytopoint en 2 injections → inefficacité
Actuellement, amélioration de l'état sous antibiotiques et corticoïdes, mais rechute à la diminution des corticoïdes. La cytologie cutanée est correcte.
Faut-il privilégier la ciclosporine ou alternatives (Numelvi, Zenrelia) ?
DERMATOLOGIE
Expert : Otologie, Dermatologie
Diplôme : European College of Veterinary Dermatology (ECVD)
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